2
Mai
2017
3
Le pire vol de toute ma vie

La fois où j’ai vécu le pire vol de ma vie

A la fin de mon voyage en Nouvelle-Zélande, j’ai décidé de repasser par la France avant de repartir m’établir au Québec. Ayant pris un aller-retour de Los Angeles vers Auckland à la fin de mon premier PVT au Canada, je n’avais pas prévu d’y retourner. Puis finalement, pourquoi pas. Ça faisait presque deux ans que je n’étais pas rentrée alors… pourquoi pas repasser par la France pour dire bonjour à tout le monde avant d’aller me geler les meules au Canada ?

 

Partir avec une compagnie low-cost

Malgré beaucoup d’avis mitigés, j’ai décidé de prendre mon vol avec le site Opodo. Que voulez-vous, j’aime vivre dangereusement, ahah! Les vols directs étant extrêmement chers, un vol avec correspondance s’imposa naturellement. Là, gros dilemme pour le choix de l’escale : Istanbul ou Moscou? Le choix entre un pays sur lequel semblaient s’abattre des événements tragiques et un pays aussi fascinant qu’effrayant. Finalement, ce sera une escale de trois heures à Moscou avant de revenir vers Paris..

 

Le froid accueil russe

Je suis installée dans les sièges du milieu, côté couloir. Autour de moi, ça parle russe. L’anglais est rare et le français inexistant. Un couple dans la cinquantaine est assis à ma gauche. Comme je suis d’avis qu’il vaut mieux s’entendre avec ses voisins, je leur fais un sourire mais je n’ai droit qu’à un regard froid…

Il est 16h30 quand l’avion quitte le territoire américain. C’est parti pour 13 heures de vol ! Le deuxième tiers de mon retour au pays.

Comme je suis rarement capable de lire dans les transports, j’occupe mon temps à regarder des films. Lorsque vient la distribution du souper, l’hôtesse me demande avec un très fort accent russe si je veux du poulet ou du poisson. Ayant commandé un menu végé lors de ma réservation, je lui explique que j’ai un plat végétarien. Elle regarde sa liste, ne trouve pas mon nom, va vérifier et revient.

Je n’ai pas votre nom sur la liste, regardez ! Vous n’avez pas commandé de menu végétarien.

Je lui explique que c’est pourtant ce que j’avais commandé. Après cinq minutes d’explications futiles, l’hôtesse semble exaspérée, le couple à côté de moi a faim et me regarde avec des couteaux à la place des yeux car je retarde tout… Et comme je ne suis pas du genre à faire de scandale, c’est franchement déçue que je lui demande de m’apporter du poisson.

La dame de l’autre côté du couloir qui a entendu la conversation remarque que je ne suis pas russe et me demande d’où je viens. Elle est gentille et souriante, je trouve sa présence rassurante du fait qu’elle parle très bien anglais.

 

Bonjour, ici la Gêne…

Je mange et continue à regarder mon film… Une connaissance de mes chers voisins vient pour discuter avec eux. Sa poitrine cache la moitié de mon écran en plus de parler super fort. Je suis un brin exaspérée mais allez savoir pourquoi, je ne dis rien! Peut-être mon côté timide, peut-être encore le fait de ne pas vouloir faire un scandale, que sais-je!

Ce manque de respect me sidère. Je veux dire, je suis là ! Mais visiblement, ils s’en moquent totalement. Et moi, je suis là, recroquevillée sur mon siège, à manger mon poisson surgelé de façon aucunement naturelle, à faire comme si tout ça ne me gênait pas le moins du monde…

 

Et son ami, le Malaise!

Après ces deux petits incidents (mineurs, certes mais chiants pareil), je pensais que la suite se passerait sans encombre. AH-AH-AAAAAH ! Mais nan ! A vrai dire, ces deux situations peu plaisantes n’étaient rien comparées à ce qui allait s’en venir. Le comble de la mal aisance et de l’angoisse.

On doit maintenant être proches d’arriver au dessus de l’Europe. J’en suis à mon troisième film. Le manque de confort et de place m’empêche de dormir correctement. Depuis quelques minutes, l’homme juste derrière moi parle fort… Je ne comprends pas ce qu’il dit… Attirant plusieurs curieux, je me retourne aussi pour voir ce qui se passe. Il doit être proche des soixante-dix ans et l’homme à sa gauche pourrait bien être son fils accompagné de sa femme. L’homme semble un peu déstabilisé, presque paniqué. Il parle de plus en plus fort, semble se plaindre de quelque chose.

Bizarrement, personne de l’avion n’intervient. Son fils tente de le calmer (je suppose) et récolte par la même occasion des regards noirs de la part de ses voisins. Mais le personnel ne vient pas voir ce qui se passe… J’aurai pourtant juré qu’un vieil homme en pleine crise de panique serait un problème assez important pour intervenir rapidement… Visiblement non.

Dix minutes passent et la peu sympathique hôtesse qui m’avait servi mon repas vient voir ce qui se passe puis repart bien plus vite qu’elle n’est arrivée. Ça se calme enfin. Mais il reprend de plus belle quelques dizaines de minutes plus tard. Il crie plus fort que jamais et certains passagers commencent à perdre leur patience et la tension s’installe chez certains passagers. Je commence à me sentir mal à l’aise. Compte tenu de l’huis clos dans lequel on se trouve tous et de cette situation vraiment peu enviable, mon imagination s’en donne à cœur joie. Depuis le début du vol, je suis calme… mais à l’intérieur, j’angoisse. Je ne comprends pas ce qui se passe et je me sens affreusement seule. Je demande à ma voisine de couloir ce qui se passe : Le vieil homme n’a plus toute sa tête et pète un câble, tout simplement.

Mon siège commence à bouger : le vieil homme le secoue en criant. Selon ma voisine, il veut ouvrir les portes de l’avion (Pour prendre l’air ? Pour sauter en parachute ? Qui sait!) Soudain, il se retrouve dans l’allée et là SURPRISE ! Sans pantalon ! Et c’est l’incompréhension face à cette situation absurde et effrayante.

Le commandant de bord suivi de deux hôtesses interviennent, ENFIN! Ils attrapent l’homme cul nu qui chouine et se débat et, à l’aide de son fils, ils lui font une piqûre pour le calmer. Tout redevient enfin calme.

 

Un drôle de premier contact

Il a cessé de pleurer, de crier et de demander à prendre l’air… il est assis derrière moi, marmonne de temps en temps. La tension est redescendue un peu et je me sens un peu plus rassurée. Mais je commence à sentir quelque chose au niveau de mes coudes. Eh, salut les mains qui essaient de me chopper… J’essaie de m’extirper pour ne pas qu’il me touche. Il fait ça pendant quelques minutes et arrête à mon grand soulagement. Ma patience n’était pas loin de sa limite et mon inconfort aussi.

Finalement, les quelques heures restantes se passent dans le calme. Sur l’écran interactif, je vois sur la carte que notre avion est tout proche de Moscou. Le calvaire est bientôt terminer…

Alors que les premier passagers sortent de l’avion, ma voisine de couloir, l’unique personne qui m’a fait sentir un peu moins seule durant ces 13 heures me sourit. Elle me dit alors que voilà, j’ai eu mon premier contact avec la Russie et ses habitants.

Une drôle d’histoire dont je ris en la racontant aujourd’hui et qui tient fièrement sa place dans mes carnets de voyage. A présent, c’est à votre tour ! Je suis sûre que vous avez plein d’anecdotes fantastiques, drôles, super bizarres comme la mienne et j’ai très envie d’en savoir plus alors RACONTEZ-MOI !

Tu as aimé cet article ? Partage-le !

Tu pourrais aussi aimer...

Sherbrooke, un an plus tard
Sherbrooke, un an plus tard…
charlevoix
La fois où je suis partie en stop à Charlevoix

2 Réponses

  1. Audrey

    Ma pauvre, quel vol!!
    Je vous partage mon vol LGA – MIA.
    Au moment de pusher, l’avion ne part pas, bon, ce n’est jamais bon signe… Finalement, l’équipage fait une annonce à laquelle je ne comprends rien, ok c’est pas grave je demande à mes voisins. Le vol est retardé à cause des conditions météo à Miami. Ok c’est inattendu et l’un des voisins check sur son portable le temps à destination: grosse pluie tropicale. Boooonnnn… pourvu que ça ne dure pas trop longtemps… C’est parti pour 3h d’attente, qui se transforment en 4h. Un groupe de personnes âgées se réunit dans une partie de l’avion pendant l’attente, je suis surprise qu’un groupe de « p’tits vieux » soit aussi bruyant, ils chahutent, et rient à gorges déployées alors que l’inquiétude (et l’impatience!) s’était emparée des autres passagers (sauf mes 2 voisins des plus détendus).
    Au bout de 4h, tout le monde regagne sa place et enfin on décolle! Le vol se passe plutôt bien jusqu’à l’approche de l’arrivée. L’appareil nous fait bien ressentir que les conditions météo ne se sont pas beaucoup améliorées sur place et il fait nuit. On survole la côte et on ressent beaucoup de secousses et de trous. Soudain, c’est le silence radio dans la cabine! Tout le monde (sauf mes 2 voisins qui sont imperturbables devant leur film) se met à flipper, certains s’accrochent au siège devant eux, moi-même je m’accroche à l’accoudoir de toutes mes forces tellement les secousses sont fortes. Je m’apprête même à entendre des personnes sangloter et prier. Je n’ai jamais vécu un tel vol! (Mes 2 voisins presque hilares prennent même des photos des gens paniqués dans l’allée de l’autre côté). Un silence de mort règne dans l’avion jusqu’à l’atterrissage. Pendant une petite accalmie, une hôtesse passe dans les rangées afin de vérifier que tout le monde va bien et que personne n’est en état de choc ou crise de panique etc… Le pilote fini par atterrir et on sent le soulagement de tout le monde, la pression retombe et les passagers applaudissent. D’habitude, je me dis qu’on n’applaudit pas un pilote pour avoir atterri mais là, je comprends le soulagement des plus paniqués…
    Après, bah les rues étaient inondées et désertes à South beach, et le lendemain, beau soleil comme s’il n’avait pas plus depuis des mois…

    1. Oh wow, ça c’est du vol effrayant! :O
      Ahah oui, j’ai déjà vécu un gros retard aussi (mon train s’est carrément arrêté au milieu du trajet car quelque chose était tombé sur la voie)… au début, on prend ça bien, on s’amuse même de la situation (comme tes petits vieux)… mais après 6 heures, tu commences à trouver le temps long! Ce sont des petites aventures pas fun mais drôles à raconter quand on voyage! En tout cas, tout est bien qui finit bien, vous êtes tous arrivés sains et saufs et avec du soleil le lendemain. Merci Audrey d’avoir partagé cette petite histoire! 😉

Laisser une réponse

CommentLuv badge