30
Nov
2016
12

La première fois que j’ai fait de l’auto-stop toute seule

En temps normal, je suis assez trouillarde (eh oui, chacun nos faiblesses, hihi!). Avant, pour moi, faire de l’auto-stop était quelque chose de parfaitement inenvisageable. Pourtant un jour, j’ai commencé à en faire avec mon copain et finalement, le jour est venu où il a fallut que je me lance toute seule!

A cette époque, j’étais sur l’Ile de Vancouver à Campbell River. J’y suis resté trois semaines dans un helpx et je m’apprêtais à me diriger vers Victoria, ma dernière destination canadienne avant de commencer mon voyage aux Etats-Unis. La Colombie-Britannique étant la province la plus chère de tout le pays, j’ai décidé de partir sur le pouce, toute seule… Après tout, ça pourrait renforcer mon esprit d’aventurière solitaire, non? Plus de 250 kilomètres à parcourir, le pouce en l’air avec zéro expérience en solo ! Vous voyez le genre ? C’était moi.

 

Lever son pouce et sourire!

La dame qui m’avait accueilli pendant ces trois semaines me pose à une place qu’elle pense idéale pour faire de l’auto stop. Et effectivement, ça semble être une très bonne place, à côté d’une intersection avec des lumières et menant à une voie rapide par la suite.

Fière et confiante avec mon sac sur le doc et mon petit panneau « Victoria » sous le bras, j’y vais ! Je sors du croisement et trouve un endroit sécuritaire, lève mon pouce et souris ! C’est à ce moment que je me rend compte qu’une voie d’accélération permet aux voitures de tourner à droite (où je me trouve) et d’éviter les lumières pour accélérer. Et de ne pas me remarquer à l’avance surtout! Je décide d’aller un peu plus loin pour donner la chance à n’importe quelle voiture de s’arrêter.

Je marche, je marche… et là ! Coucou toi, le panneau qui te prévient que tu n’as pas le droit de faire de pouce une fois que tu l’auras dépassé…!

En gros, j’étais coincée entre une voie d’accélération qui empêchaient  beaucoup de voitures de s’arrêter et un panneau qui comptait me dire comment mener ma vie. Ce cirque a bien duré 45 minutes avant que, légèrement exaspérée, j’aille directement me pointer aux lumières pour que tout le monde, mais vraiment tout le monde puisse me voir.

 

Mauvais endroit

Une voiture s’arrête enfin! Que des filles. Je suis chanceuse de ne pas être tombée sur le psychopathe du coin. Tout se passe bien, on roule sur la highway pendant un bout. Sauf que vient le moment où la conductrice me dit qu’elle doit prendre la prochaine sortie et que par conséquent, elle va devoir me débarquer là. Genre là là, au milieu de la highway. C’est donc pas très rassurée que je sors de la voiture, me retrouvant ainsi sur le côté d’une route équivalent à une nationale en France, où les voitures roulent vite donc… A ce moment là, je me sens… un brin confuse et je me demande sérieusement ce que je fous ici.

Je décide de marcher un peu plus loin, dans l’espoir de trouver une aire de repos ou au moins une place qui permettra aux voitures de ne pas me frôler de justesse. Mais ce moment n’arrive pas et même que le bas-côté rétrécit dangereusement. Je commence un peu à paniquer et fait demi-tour, vers une place un peu moins pire que j’avais repéré.

Les minutes se succèdent et un homme en voiture s’arrête. Je ne suis pas vraiment sereine mais bon… ai-je vraiment le choix? Il est bien gentil même si je comprends pas bien ce qu’il me dit.

 

Sortie de la campagne

Nanaimo, le retour à la civilisation ! Je suis à mi-chemin, ça devrait être plus facile maintenant comme c’est moins isolé. Après une matinée un peu pénible et stressante, je prends enfin confiance en moi et, après un lunch éclair, je lève mon pouce à nouveau.

Je n’attends que quelques minutes. Je suis à une intersection, proche de station de gaz et de restaurants, facile à voir et souriante, toujours avec mon petit panneau et mon bonhomme patate qui sourit. Le couple qui s’arrête a l’âge de mes parents.

On ne voulait pas te laisser là, au bord de la route et que tu te fasses embarquer par une mauvaise personne !

Ces paroles m’ont fait tellement chaud au cœur! On ne se connaissait pas mais ils voulaient s’assurer que j’arrive à destination saine et sauve. Je trouve ça tellement chouette!

 

La gentillesse des gens…

Ils me laissent à Ladysmith, proche de tout au cas où. Et la prochaine voiture ne tarde pas à s’arrêter et c’est un français ! Lui aussi a commencé avec un PVT avant de s’établir avec sa femme américaine et ses deux enfants. Son petit garçon à l’arrière me raconte sa journée dans un français très approximatif  pendant que son père s’arrête à la banque. Au retour, il me fait une proposition inattendue.

Tu as le choix ! Je peux te déposer à Duncan où tu pourras continuer ta route vers Victoria. Ou sinon on y va ce soir, ma femme et moi. En attendant, tu peux venir chez nous pour relaxer un peu et on te déposera en ville ce soir !

Je ne m’attendais pas à ça. J’accepte presque tout de suite, le sourire aux lèvres en pensant à cette générosité.

Ils habitent dans une petite maison au milieu de nulle part. Hum, j’avoue que dit comme ça, ça fait un peu film d’horreur. Pourtant le gars a bien une femme et deux enfants et même un gros chien ! Je me sens tout de suite la bienvenue chez cette petite famille. On discute, on mange des pop-corns. J’accompagne même le père à poser des panneaux pour la vente de garage qu’ils organisent.

 

Et beaucoup de solidarité!

Comme prévu, nous faisons la route ensemble. Leur faisant part de mon projet d’aller sur la côte ouest des Etats-Unis, ils contactent un de leurs amis qui vit à Los Angeles et qui pourrait potentiellement m’accueillir. La ville est très prisée par les touristes et il n’est pas toujours aisé de trouver un logement pas cher. Encore un acte de gentillesse qui me surprend davantage.

Enfin, j’arrive à Victoria, la dernière étape de mon voyage canadien. La journée a été longue mais elle a été révélatrice de ma débrouillardise et pleine de surprises qui resteront gravées dans ma mémoire !

Pour ceux qui se sont déjà jetés à l’eau en solo, comment était votre première expérience d’auto-stop ? Et vous, les filles, racontez-moi comment vous avez abordé cette nouvelle expérience dite risquée pour nous, les filles ? N’hésitez pas à me faire part de vos impressions et anecdotes si vous en avez !

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